Les affaires vont si bien pour le jeune William Price qu’il fonde sa propre compagnie en 1821 : la William Price Company. Considéré à juste titre comme un marchand averti, doté de fortes connaissances techniques, il s’associe à d’autres investisseurs britanniques afin de développer davantage le commerce du bois en pleine croissance. Les profits qu’il tire de ses opérations commerciales sont réinvestis dans les scieries qu’il détient déjà le long du fleuve Saint-Laurent, de même que dans l’exploitation forestière.
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Désireux de s’implanter dans la région du Saguenay, William Price y parvient en s’associant financièrement avec un groupe d’habitants de La Malbaie. Ce groupe prendra le nom de la Société des Pinières du Saguenay, communément appelée la Société des Vingt-et-Un. Cette société qui érige des scieries sur les rives de la rivière Saguenay, et dont l’objectif ultime est de permettre un établissement à grande échelle, est rachetée par Price en 1842. Devenu le maître absolu d’un immense territoire pourvu de richesses incomparables, le nom de William Price rimera désormais avec le début d’une activité humaine intense et organisée dans la région du Saguenay. |
Il poursuit ses affaires tout en envoyant ses fils travailler, dès leur plus jeune âge, dans les différents établissements qu’il possède près du fleuve et de la rivière Saguenay afin qu’ils s’initient aux rouages de l’industrie et acquièrent de bonnes connaissances techniques. La fondation de la William Price & Sons Company en 1855 marque un tournant dans l’histoire de la famille, et ce, par la transmission des pouvoirs à ses fils David Edward et William Evan Price.
Les héritiers
Ces derniers s’avèrent être de bons gestionnaires, mêlant affaires et vie politique. En effet, ils siègent à la Chambre des communes et à l’Assemblée nationale, de même qu’au Sénat en ce qui concerne Evan John Price, le dernier des fils de William Price à avoir dirigé la compagnie. Les héritiers se retrouvent devant un problème de succession, car aucun d’entre eux n’a d’enfant. Ils se tournent alors vers leur frère Henry Ferrier Price, vivant au Chili, pour qu’il vienne s’établir avec sa famille au Canada. Quelques années plus tard, l’aîné de la famille de Henry Ferrier, William Price III, deviendra le principal symbole de l’industrie des pâtes et papiers au Saguenay–Lac-Saint-Jean. |
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Le bâtisseur
Devenu président-directeur général de ce qu’il est convenu d’appeler la Price Brothers & Company Limited, le futur Sir William Price comprend très vite qu’une ère nouvelle s’amorce en cette fin du XIXe siècle avec l’apparition des pulperies. En considérant que la compagnie détient de très importantes concessions forestières et est de surcroît très bien implantée en région, Price décide de se lancer dans la production de pulpe. Pour ce faire, il acquiert la Pulperie de Jonquière. La demande croissante dans les grandes villes industrielles de l’est des États-Unis pour les journaux poussera Price à investir également dans la fabrication du papier dans son usine nouvellement acquise. Jonquière devient donc la première papetière de la région. C’est de cette façon que Price s’est démarqué des autres pulperies régionales qui n’ont pas su diversifier leur production. En 1911, il entreprend la construction de Kénogami, la première ville de compagnie au Saguenay–Lac-Saint-Jean, et d’une usine de pâtes et papiers qui deviendra l’une des plus importantes au monde. Homme d’action et de grands projets, il assiste au début des travaux de la future ville de compagnie Riverbend en 1924. Toutefois, le destin fera en sorte qu’il ne verra jamais les résultats de son projet.
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